GERMAN ANGST


« L’apparition unique d’un lointain aussi proche qu’il soit » Walter Benjamin

Nous nous sommes rencontrées dans un pays qui nous était totalement étranger, à l’une comme à l’autre. La Grèce. Elle est allemande et je suis française. Les moments d’amitié que nous avons partagés demeurent notre territoire. Nous y avons expérimenté les balbutiements de nos recherches, lesquelles, désormais sont guidées par un seul souci : rapporter par l’image. 

Lorsque je revois Franziska Hoenisch quelques années plus tard à Paris, elle est désormais réalisatrice de film documentaire. Singulières retrouvailles. Nous nous étions quasiment perdues de vues. Notre regard n’avait rien perdu de sa complicité. Elle m’a très vite demandé de l’aider à son prochain projet, une recherche sur le terme de « GERMAN ANGST ». En dépit de ma méconnaissance de la germanité, elle m’invitait à voyager au cœur de sa nation afin de mieux observer mes réactions. Je serai à la recherche de moments qui ne m’appartiennent pas, d’un sentiment de nationalité que j’efforcerai d’éprouver, tels les premiers jours d’une adoptée dans sa famille d’accueil. 

Le temps de ce voyage pose les limites des interprétations. Ici, sont présentées des images faites durant un voyage de 10 jours durant l’hiver 2013. En Allemagne, j’écoute cette langue dont je ne comprends aucun mot. Les moindres gestes, battements d’yeux se métamorphosent en discours. Je suis concentrée, pendue aux lèvres de chaque personnage. J’ai la sensation que nous allons trouver la définition du GERMAN ANGST. Je ne vois pas ce que je pourrais dire ; que les allemands ne sachent déjà. Cette notion intangible, ces quelques images, tracent ce voyage rapide, ces instants fugaces, voici les éléments de dialogue avec le terme GERMAN ANGST, pas plus, pas moins.      English Version

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